Sébastien s’est lancé dans un énorme projet. Il a choisi d’investir en immobilier. Prenant les conseils de son meilleur ami, il tente une transaction. Il est sur le point de signer et d’acquérir son premier bien. Au dernier moment, il stoppe tout et part en courant.

Il vient de s’autosaboter. En fait, il s’est tiré une balle dans le pied. Consciemment ou non, il s’est empêché de réussir. Il a eu peur. Mais d’où vient la peur de réussir ? Qu’est-ce qui fait qu’on ne veut pas de cette victoire possible ?

Cela vous touche peut-être et vous ne comprenez pas pourquoi. Pour Sébastien, c’était un investissement. Pour vous, cela peut-être de ne pas terminer ses études. D’autres pourraient saboter un rendez-vous. Toutes les astuces sont bonnes pour s’empêcher de réussir.

Vous vous dites que ce n’est pas normal, que vous auriez dû réussir, c’était du tout cuit. Et vous vous en voulez d’avoir échoué si près du but. Rassurez-vous ! Vous n’êtes pas fou. Il s’agit simplement de la peur de réussir. Mais d’où vient cette peur ? C’est ce que je vais vous expliquer dans cet article.

Pourquoi avez-vous peur ?

  • Se protéger
  • Le rejet      
  • Du changement   
  • Apprendre

Se protéger

La peur a cette faculté de protéger du danger. Il s’agit d’une alerte, une sorte de signal qui vous dit : « attention ». La peur est positive dans ce sens. Par exemple, si on vous bande les yeux et que l’on vous oblige à traverser la rue, vous allez avoir peur. C’est bien normal puisqu’il y a un danger. Vous ne voyez pas les voitures et craignez un accident. Cette peur est parfaitement justifiée.

Cependant, si elle vous empêche d’agir et vous bloque dans une situation, cela devient gênant. Dans le sens où vous n’osez pas vous présenter à un entretien d’embauche de peur que l’on se moque de vous malgré toutes vos compétences et aptitudes pour le poste désiré. La peur vous empêche d’agir. Ici, il n’y a pas de danger, mais la peur vous paralyse.

Le rejet

L’une des peurs que la réussite engendre est la peur du rejet des autres. En effet, en se lançant dans un grand projet, comme j’ai pu décider avec Sam de créer différents sites et chaînes YouTube, on se lance vers l’autonomie, c’est-à-dire sans les autres. D’un coup, nous ne sommes plus les salariés que tout le monde connaît, mais des créateurs.

Parfois, cette peur est infondée, car certains amis resteront et comprendront les projets. D’autres ne comprendront pas ce revirement. En fait, nous ne sommes plus là où nos amis nous attendaient. En osant nous démarquer, évoluer, nous risquons de nous montrer sous un autre jour.

Le rejet des autres fait peur, car tout être humain a besoin de contact. Chacun a besoin d’avoir des relations, des contacts, des liens avec le monde qui nous entoure. Évidemment, il faut faire la distinction entre les relations saines et les relations anxiogènes.

La première vous pousse vers le haut quand la seconde vous tire vers le bas. Pour ma part, une amie m’a toujours soutenue quoique je fasse quoi que je dise. Même s’il y avait quelques disputes, on finissait par se retrouver. Les relations anxiogènes ne vous apportent rien de bon si ce n’est de la dévalorisante et l’effacement de soi.

Du changement

La réussite provoque certaines peurs notamment la peur du changement. C’est-à-dire de devenir fou parce que vous avez réussi une étape. D’un coup, tout devient possible et vous risquez de ne plus avoir les pieds sur terre. Un peu comme de gagner d’un coup une énorme somme d’argent qui ferait vivre tel un riche pendant quelque temps.

Les questions que vous pourriez vous poser sont : qu’est-ce qui va se passer ? Et si je perdais la tête ? Si j’attirai de mauvaises personnes ? Et si je n’arrivais plus à voir la réalité en face ? En fait, vous tentez de vous convaincre de ne pas passer à l’action.

Vous avez peut-être peur des responsabilités que votre réussite pourrait engendrer. Par exemple, Sébastien avait peur d’avoir à gérer une nouvelle entreprise et d’avoir moins de temps pour lui. Il avait peur de ne pas être à la hauteur de ce nouvel investissement.

Vous avez peut-être la sensation qu’après une victoire, le chemin s’arrête. D’un coup, il n’y a plus de challenge, plus de défi à relever. Vous avez peur de vous ennuyer et de ne plus rien n’avoir à accomplir.

Apprendre

Le chemin vers la réussite est un apprentissage et vous avez peut-être peur de découvrir des éléments inconnus. En effet, vous pourriez apprendre votre manière de fonctionner, de nouvelles capacités. Cet inconnu peut faire peur.

Il se peut que vous ayez une appréhension à apprendre et par de là, j’entends une peur de vous tromper, de faire quelques erreurs qui ne sont que des étapes dans votre apprentissage. Lorsque vous avez appris à marcher, combien de fois êtes-vous tombé ? Combien de fois vous êtes-vous relevé ?

L’enfance joue un rôle important

  • Fais ce qu’on te dit
  • Ne réussis pas 
  • Sentiment d’infériorité 
  • Tu es nul

Fais ce qu’on te dit !

Si pendant votre enfance, vos parents avaient une influence néfaste sur vous, cette influence reste présente encore aujourd’hui. En effet, l’enfant en vous continue d’exister et de répondre au même schéma. Si vous êtes sous l’emprise du schéma « échec », vous allez tout faire pour le faire vivre afin de le renforcer.

Par exemple, si vos parents vous ont inculqué la valeur « Fais de hautes études pour avoir une bonne place », vous êtes convaincu que, c’est uniquement, en réalisant des études longues et complexes que vous aurez un métier comprenant bonne paie et reconnaissance.

Néanmoins, vous êtes attiré par des études artistiques, qui selon vous, sont passionnantes. Comment gérez-vous le fait de répondre à vos désirs et à ceux de vos parents ? C’est très simple : vous écrasez vos désirs pour répondre à leurs attentes.

Vous pourrez aller jusqu’à tenter des études qui vous plaisent, mais tout lâcher au dernier moment parce que vous êtes toujours sous l’emprise de cette phrase « fais ce qu’on te dit ».

Ne réussis pas   

La peur de réussir se confronte à soi et à ses capacités de réussir. En gardant en tête que l’on ne peut pas réussir, on s’empêche de pouvoir aller vers une victoire. Il faudra par la suite se donner la permission de réussir.

L’injonction « ne réussis pas » répond à l’un des scénarios que propose Éric Berne. En s’empêchant de réussir, on répond au scénario « perdant » en accusant tout ce qui gravite autour de cette peur. Le perdant va utiliser des phrases comme : « si je venais d’ailleurs », « si j’avais su » ou encore « si j’avais eu une famille comme ça ».

La peur est subtile, car elle va faire appel à différents facteurs externes qui empêchent de se lancer de façon logique. Par exemple : « si tu n’étais pas rentré si tôt, j’aurai pu apprendre à chanter ». Ici, j’ai accusé mon conjoint pour éviter de me confronter à la peur de chanter.

Il y a une sorte de satisfaction de se dire « ouf, ce n’est pas de ma faute ». En recherchant tous les éléments qui empêchent de se confronter à sa propre peur, on y échappe en trouvant des excuses sur lesquelles on ne peut pas travailler.

Sentiment d’infériorité

En allant à l’école, vous avez activé une fonction dans votre système qui est la comparaison aux camarades de classe. Durant toute votre scolarité, vous avez attendu que les notes tombent. Celles-ci sont parfois injustes, neutres ou correctes.

Ces notes vous font rentrer dans un classement. Es-tu le meilleur de la classe ou le plus mauvais ? Même si votre professeur ne donnait pas de notes à voix haute, tous les élèves cherchent à savoir dans quel parti du classement il se trouve.

Vous allez vous comparer aux autres. Étrangement, vous ne vous sentez jamais au-dessus du panier, mais en dessous. Les autres valent mieux que vous, ils ont travaillé plus dur, ils le méritent. Vous vous dévalorisez.

Évidemment, ce schéma se poursuit encore aujourd’hui. Votre voisin a un meilleur travail, une meilleure paie, une voiture haut de gamme, une femme plus belle, des enfants mieux élevés. Bref, vous vous sentez moins bon. Est-ce vraiment le cas ?

Tu es nul 

La peur de la réussite vous rappelle que vous ne faites pas partie des gagnants. À moins d’un miracle, vous vous dites que vous ferez toujours partie de ceux qui échouent et qui sont moins bons. Cette croyance que vous avez vient de votre enfance.

Un parent vous rabaissait-il ? Avez-vous entendu toute votre enfance que vous étiez nul ? Vos notes à l’école étaient plus basses que celles des autres ? En entendant toute votre enfance « tu es nul », vous faites résonner ce doux refrain encore aujourd’hui.

Les chansons les plus populaires sont celles qui restent dans la tête et qui ne s’enlèvent jamais. Vous savez cette mélodie agaçante comme « le petit bonhomme en mousse » ou « the final countdown », même chose avec « tu es nul ».

Cette croyance reste en vous et ne vous quitte plus. Impossible de faire sans ! Vous êtes convaincu que vous ne pourrez rien réussir. Quand bien même, vous essayeriez, la peur vous empêchera d’aller vers cette réussite que vous attendez.

Comment laisser la peur de réussir gagner ?

  • Votre savoir-être qui laisse à désirer 
  • sensation d’être un raté
  • mal s’entourer
  • faites-en le moins possible
  • fuyez

Votre savoir-être qui laisse à désirer

La peur de la réussite va vous empêcher de foncer vers la victoire et pour cela différentes tactiques existent. L’une de celles qui fonctionnent le mieux est votre comportement. Plus votre comportement laisse à désirer plus vous saboter vos chances de réussir.

Par exemple, pour éviter de réussir des examens importants vous allez moins étudier, laissez les choses se faire, ne pas vous présenter à vos examens. Notion incompréhensible pour les autres, mais vous avez trop peur pour aller vers une réussite.

Vous pouvez très bien vouloir une promotion dans votre travail, mais arriver en retard tous les jours, vous présenter selon un dresscode qui détonne ou être impoli. Bref, votre savoir-être ne correspond pas aux valeurs de l’entreprise.

Sensation d’être un raté

Pour vous empêcher de réussir, il faudra garder en mémoire que vous valez moins que les autres. Cette sensation d’être un raté vous empêche de réussir quoi que ce soit. Si je garde en tête que je suis un raté, je sais au fond de moi que je resterai toute ma vie un raté.

Comme j’ai pu vous l’expliquer, cette sensation peut venir de l’enfance et vous pourrir la vie encore aujourd’hui. Il faudra apprendre à vous détacher de cette sensation, marquer vos réussites et vous prouver que vous n’êtes pas le nul que vous croyez !

Mal s’entourer 

Vos relations sont très importantes et déterminantes quant à vos réussites ou vos échecs. En effet, en vous entourant de personnes qui vous détruisent, vous êtes certain d’avoir une estime de vous faible ainsi qu’une confiance en soi qui laisse à désirer. 

Entourez-vous de personnes vous rabaissant et vous rappelant que vous ne valez rien et vous avez le combo gagnant de l’échec. Apprenez à vous rendre compte de vos relations grandissantes et néfastes et séparez-vous des relations anxiogènes.

Faites-en le moins possible 

Pour être certain d’échouer, soyez fainéant et procrastinez ! C’est le meilleur conseil que je puisse vous donner. Soyez resté de rater en repoussant tous vos projets, toute excuse sera la bonne. Dispersez-vous en vous créant des tâches inutiles.

Moins vous en ferez, moins vous aurez de résultats et plus votre confiance en vous diminuera. N’oubliez pas de vous inventer des excuses comme « si seulement j’avais ceci ou cela… » Le fait de vous trouver des éléments incontrôlables vous protège de la réalité.

Fuyez 

Ma meilleure astuce sera le fait de fuir. Pour refuser toute possibilité de réussite, il vous faut fuir. Ceci vous empêche d’affronter vos peurs, vos vieux démons ou encore de vous comprendre. Votre cerveau est très bien conçu pour vous aider sur ce point.

Fuyez toute épreuve et il n’y aura aucune évolution, aucun apprentissage et surtout aucune réussite. 

Comment éviter les pièges ?

Prêtez attention à ces craintes qui peuvent survenir comme votre comportement changeant, une attitude qui ne vous correspond pas ou encore votre sabotage pour empêcher d’accéder à la victoire. 

Rappelez-vous que cette peur est subtile et qu’elle trouvera le moyen de vous faire échouer si vous l’écoutez.

Un dernier conseil à prendre en compte : offrez-vous la possibilité de réussir !

Florence Pauly

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