Qu’est-ce que le burn out ? Une nouvelle maladie en vogue ces derniers temps ? Certaines entreprises étant plus à risque que d’autres, on ne comprend pas toujours le lien de cause à effet ni pourquoi certains sont plus vulnérable que d’autres.

Parfois pris à la légère, cette pathologie reste un fléau. Mais comment en est-on arrivé là ? Comment prévenir cette maladie ? Comment l’éviter ? Je vais rechercher les causes, mais aussi les préventions à mettre en place pour éviter le burn out.

Le craquage

Pendant quelques années, j’ai travaillé avec un collègue que je nommerais Jean. Celui-ci est plutôt discret, simple et sans histoire. On travaille ensemble sur la même activité. Il respecte les consignes, il applique tout ce que son chef peut lui dire.

Son tempérament calme en fait un formateur qui accepte les comportements parfois déviants et qui ne comprend pas toujours la réaction et les décisions prises en haut lieu. Changement d’activité pour Jean et changement de tempérament.

En quelques mois, il change radicalement de comportement. Ce collègue que je connais plutôt du genre à se laisser marcher sur les pieds laisse place à un personnage charismatique parfois effrayant.

Il devient hautain, ne s’adapte plus à son public et rabaisse ses nouveaux stagiaires. Je ne comprends pas cette attitude qui ne lui ressemble pas du tout. Détesté, voire même insulté par ses apprenants, il apprend une nouvelle qui le faire éclater au beau milieu d’une formation.

Impossible à calmer, il sera emmené tel un enfant par sa mère. Une seule nouvelle aura fait chuter ce château de cartes si bien construit. Pendant quelques mois, on ne le reverra plus. Mais que s’est-il passé ?

C’est très simple, il a fait un burn-out. Il a craqué parce qu’il n’en pouvait plus. Il a beaucoup travaillé, trop et s’est donné à fond. Malheureusement, ceci l’a conduit à ce qu’il ne voulait pas vraiment : se laisser déborder.

Les causes du burn-out

  • Une situation nouvelle
  • Le manque de reconnaissance
  • Une autonomie totale ou absente
  • Un salaire inégal
  • Le manque de communication

Une situation nouvelle

Une première cause du burn-out est une situation changeante. Dans l’exemple cité plus haut, c’est ce qui est arrivé à Jean. Le changement d’activité a chamboulé complètement son comportement et a généré beaucoup de stress.

Se protégeant, il a opté pour une attitude basée sur la défensive. Ce qui fait qu’aucun apprenant n’osait venir le voir et encore moins lui poser des questions. Plutôt particulier pour un formateur qui normalement a cette attitude positive et ouverte à tous.

Une situation nouvelle veut dire une situation inconnue et donc de la peur. La peur engendrera du stress et que fait le corps contre le stress ? Il se protège de toutes les manières possibles.

Le manque de reconnaissance   

Qui n’a pas haï son patron pour un manque de reconnaissance ? Vous travaillez comme un fou et personne ne le remarque. Pire, votre chef vous fait des remarques pour vous améliorer. Comment réagissez-vous ? Mal et c’est bien normal.

Pour ma part, le manque de reconnaissance m’a conduit au burn-out à tel point que j’ai quitté mon travail. Je travaillais en toute autonomie, qui connaissait mes objectifs ? Qui connaissait mes résultats ? Qui connaissait mon prénom ?

Mes apprenants me voyaient sur le terrain et je me sentais subtile grâce à eux, mais ce n’est pas suffisant. Nous avons tous ce besoin d’être reconnus et appréciés à notre juste valeur. Au travail aussi. Le manque de reconnaissance est un facteur de risque du burn-out. Si vous êtes cadre vous savez ce qui vous reste à faire.

Une autonomie totale ou absente

En débutant dans le métier de formatrice, j’ai été jeté dans le grand bain. Par contre, j’étais soutenue et aidée par ma hiérarchie et mes collègues. Évidemment, je ne l’ai compris que bien plus tard.

Une autonomie absente peut vous préparer au burn-out. Pourquoi ? Parce que vous ne participez à aucune décision. La direction choisie même si vous ne validez pas et même si vous êtes sur le terrain.

Combien de fois avons-nous désapprouvé des décisions complètement insensées selon nous ? Un nombre incalculable de fois ! L’inverse est possible aussi, trop d’autonomie vous conduit à mener la barque seul et qui vous remarque ? Personne ! Nous avons tous besoin d’être reconnus, c’est ce qu’il y a de plus important.

Un salaire inégal

Avez-vous déjà travaillé pour le salaire qui correspondait à l’effort fourni ? La plupart du temps, lorsqu’on aime notre travail, on y va à fond. On se donne du mal, on a cette conscience professionnelle qui fera soulever des montagnes !

Mais pas des montagnes d’argent, car le salaire perçu déçoit… Beaucoup ! Qu’est-ce qui se passe quand vous voyez le compte en banque presque vide vs votre mal de crâne ou de dos à cause du travail intensif fourni ?

Vous êtes en colère et vous n’avez plus envie de travailler avec autant d’efforts pour si peu de retour sur investissement. Malheureusement, l’engrenage est enclenché, vous n’allez pas laisser tomber tout ce qui a déjà été mis en place pas vraie ?

Alors, vous subissez jusqu’au craquage, c’est bien dommage.

Le manque de communication

Le dernier facteur que je nommerais est le manque de communication. Pensez-y ! Vous vous plaignez de votre salaire, de votre charge de travail et du manque de reconnaissance, mais connaissez-vous la stratégie de votre entreprise ?

Savez-vous ce que fait votre hiérarchie ? Généralement, on connaît le travail de nos collègues, mais on ne sait pas ce qui se passe au-dessus. Pourquoi ? On ne s’intéresse qu’à notre petit monde. Si chacun a conscience du travail des autres, peut-être travaillerions-nous différemment.

J’ai pu le remarquer dans une entreprise qui manquait cruellement de communication. Personne ne savait quoi que ce soit. Par contre, tous critiquaient le travail de son voisin ou de ses chefs. À sa place, qu’auriez-vous fait ? Mieux dites-vous ! Non, vous auriez fait exactement la même chose.         

Comment le détecter ?

  • Prise de conscience
  • L’entourage
  • Les loisirs et moments de détente
  • Les distractions
  • L’autonomie

Prise de conscience

Pour déceler les prémices d’un burn-out, posez-vous cette question simple : quelle quantité de travail est-ce que je fournis chaque jour ?

Commencez par vous rendre compte que votre travail prend de la place ! Est-ce que pour chaque jour vous avez une liste interminable de choses à faire ? Cela vous stresse de voir cette liste ? Est-ce que vous voulez arriver à tout faire en une journée ? Que ressentez-vous si tout n’est pas terminé aujourd’hui ?

Vous êtes déçu ? Vous auriez voulu tout terminer aujourd’hui pour faire d’autres choses demain ? Généralement, la liste de choses à faire est tellement longue qu’il faut toute une semaine pour la finir.

Il faut faire tout ça, il n’y a pas le choix

C’est ce que vous vous dites. Malgré la fatigue ressentie, vous continuez sur ce rythme très soutenu. Rendez-vous compte que vous êtes tendu sur votre chaise, vous écrivez le plus vite possible, vous regardez l’heure qui avance trop vite et cette liste qui n’en finit pas de s’agrandir.

Vous aimez ce que vous faites, mais n’en faites-vous pas trop ? Avez-vous des moments de pause ? Est-ce que vous prenez le temps de faire une tâche ou réalisez-vous celle-ci le plus rapidement possible ?

Commencez par cette prise de conscience, observez-vous dans la journée : ce que vous pensez, ce que vous faites, la tension dans votre corps, le fait de souffler… Tous ces petits détails qui vous crispent.

L’entourage  

Les relations jouent un rôle important dans votre quotidien. En effet, vous vivez avec eux une partie de la journée. S’ils sont des plus motivants et inspirants, vos journées sont royales. Si, au contraire, ils passent leur temps à râler sur tout, c’est épuisant et vos journées paraissent bien plus longues.  

Comment sont vos collègues ? Prenez le temps de les observer. Le but est de voir l’effet qu’ils ont sur vous. Est-ce qu’ils vous poussent vers le haut ou vous tirent vers le bas ?

Dans un ancien travail, j’ai eu la chance de travailler avec une équipe de formateurs très soudés. En effet, ils s’entraident les uns les autres, ils avaient ce rituel de manger chaque jour ensemble à la même heure.

Les moments de pause étaient consacrés à du pur amusement. Deux de mes collègues passaient leur pause à éclater de rire. Ils se racontaient des blagues, des histoires, ça n’arrêtait pas. C’était très difficile de râler en leur présence tellement ils communiquaient leur bonne humeur.

Prendre une pause avec eux alors que je n’étais pas en forme avait un effet formidable. Je vous invite à repérer ce type de personnes et de vous entourer de celles-ci.  

Les loisirs et moments de détente

Certains sont tellement absorbés par leur travail qu’ils finissent par travailler un samedi soir devant la télé ! Il est évident que le burn-out finira par pointer le bout de son nez. Si vous vivez uniquement pour votre travail, celui-ci finira par vous pousser trop loin.

Certes, il y a des moments où l’on travaille de façon intensive parce que notre vie personnelle est déstabilisée. Par exemple, une rupture vous rend vulnérable et certains d’entre vous se lancent à fond dans un projet au travail pour remonter la pente.

Cela ne dure qu’un temps. Je pense d’ailleurs que c’est une bonne manière de se sentir utile et ça peut rebooster. Par contre, le fait de se lancer à fond trop longtemps fatigué votre corps et votre esprit. Le corps vous alerte à sa manière et si vous ne l’écoutez pas, le burn-out fera son apparition.

Sachez donc vous octroyer des moments de détente. Il y a des heures pour travailler et des heures pour se reposer. Ne soyez pas joignable 24h/24 ! Vous devez avoir des moments de loisir où le travail n’a pas sa place.   

Les distractions

Mobilisant votre cerveau pendant de longues minutes, ces distractions vous rendent sourd aux discussions de votre entourage. En effet, le temps n’existe plus, l’espace non plus, car vous ne faites plus attention à ce qui vous entoure.

Vous voyez de quoi je veux parler ? Tablette, smartphone et tout ce qui les accompagne… Les notifications, les alertes, e-mails, sonneries… Tout est là pour vous rappeler d’utiliser telle ou telle application.

Pensez à votre cerveau qui vient de se concentrer un moment et qui vous demande de l’air frais. Au lieu de ça, vous lui envoyez de nouvelles informations juste avant de reprendre votre travail. Il y a de quoi devenir fou non ?

Lâchez vos téléphones le temps d’une pause. Toutes les heures, allez prendre l’air 5 minutes, marchez, étirez-vous et prenez de grandes inspirations. Renouvelez-vous !

L’autonomie

Quelle autonomie avez-vous dans votre travail ? Cette question est importante, car si vous en avez peu, vous exécutez des tâches sans trop savoir pourquoi et croyez-le ou non, votre burn-out n’est pas loin.

Imaginons qu’à chaque prise de décision, la direction fait appel à vous. Comment vous sentiriez-vous ? Important ! Votre parole a un impact et vous êtes reconnu. Il est évident que votre travail prend une autre définition. Il a du sens parce que vous comprenez pourquoi vous faites les choses.

J’ai eu cette discussion des centaines de fois ! Combien de personnes ai-je pu entendre dire ceci : La direction ne nous comprend pas, elle ne réfléchit pas, elle ne sait pas ce que l’on fait.

Ce à quoi je répondais : Est-ce que tu sais ce que fait le directeur ?

Je n’ai pas besoin de vous donner la réponse à cette question. On est très souvent tourné vers ses propres problèmes et pas ceux des autres. Si les deux parties se parlaient franchement, chacun connaîtrait le travail de l’autre et trouverait un terrain d’entente.

Devenez donc plus autonome ! Parlez-en à votre chef, proposez des solutions pour atteindre les objectifs demandés, voyez les stratégies de votre entreprise et composez avec !

Comment soigner le burn-out ?

  • La communication
  • L’écoute active
  • La confiance
  • Devenez acteur
  • Planifier le réalisable

La communication

Pour soigner un burn-out, commencez par la meilleure des thérapies, selon moi, qui est la communication. Parlez à vos collègues, à votre chef, à la direction. Tous ne voient pas forcément votre mal-être !

Vous n’allez pas bien et vous vous en êtes rendu compte. Comment faire maintenant pour ne pas continuer sur cette lancée destructrice ? Parlez ! Si le rythme est trop soutenu, trouvez avec votre hiérarchie un rythme plus acceptable pour tout le monde.

Si vous avez trop de tâches, répartissez-les ! Regardez combien de temps prend une action et notez-le. Ainsi, vous savez combien de temps il vous faut au total pour tout réaliser. Discutez avec votre chef pour mieux organiser vos journées pour qu’elles ne vous mettent pas sur les rotules.

Créez-vous des journées agréables, ce n’est pas parce que votre journée est trop remplie que vous avez bien travaillé. Vos collègues sont probablement dans la même situation, profitez-en pour travailler ensemble et efficacement.

Il y a quelques années, mes collègues et moi en avions marre de l’organisation mise en place. Nous avons donc demandé à nos directeurs de nous écouter et de prendre en compte notre avis. Ils nous ont laissés créer notre propre organisation.

Ceci a conduit à un travail efficace et agréable pour tous.

L’écoute active      

Pour communiquer avec autrui, il y a un élément essentiel à prendre en compte qui est l’écoute active. Celle-ci vous promet une vraie communication basée sur l’échange où les confits n’ont pas leur place.

En effet, cette technique permet de se concentrer sur le fond du message et pas sur la forme. De plus, elle vous permet d’écouter complètement, attentivement et sans jugement. Les clés parfaites d’une communication réussie.

Le contre-exemple parfait est un débat politique : tous les candidats parlent en même temps et ne s’écoutent pas. Le point de vue de l’autre est forcément mauvais et le but est de faire adhérer au programme de celui-ci qui parle et qui est persuadé d’avoir raison.

Ce type de communication ne fonctionne pas. Il faut pouvoir écouter même si vous n’êtes pas d’accord avec ce qui est dit, ayez l’empathie nécessaire pour comprendre l’autre, mettez-vous à sa place et laissez-le développer son idée même si celle-ci vous paraît absurde.

La confiance

Un élément important dans le travail est la confiance. Ayez confiance en vous, vos collègues, vos employés, vos chefs… Il n’y a que dans un environnement de confiance que chacun peut s’épanouir.

Les moments où mon chef m’a dit : je te laisse carte blanche, j’ai toute enfance en toi ont eu un impact. En effet, j’ai tout fait pour que mon travail soit irréprochable, car je ne voulais pas le décevoir.  

J’ai donc tout mis en œuvre pour réussir, l’enjeu était de taille, car il fallait gérer toute une activité. Grâce à un travail d’équipe, quand je dis « équipe » il s’agit des conseillers, des managers, du client donneur d’ordre. Bref, tout le monde. Nous avons eu des félicitations pour notre travail ensemble.

Certes, ce n’est pas toujours évident de faire confiance aux autres ou d’avoir confiance en soi, mais en communiquant efficacement, on y arrive.

Devenez acteur

En subissant votre travail, vous subissez ce fameux stress engendrant le burn-out. Si vous ne comprenez pas pourquoi on vous demande autant de performance et d’atteindre des objectifs presque inatteignables, vous ne risquez pas d’apprécier votre travail.

Le manque d’autonomie et de sens rend un travail insupportable selon moi. Je vous invite donc à devenir acteur de votre travail ! C’est vous qui fixez des objectifs à atteindre, vous êtes le maître du jeu et ça change tout.

Bien entendu, pour se fixer ses propres objectifs, il faut comprendre la stratégie du groupe et quand quel sens fonctionne votre entreprise sinon vous risquez de faire quelques petites erreurs générant l’incompréhension.

Lors d’une formation initiale, j’ai rendu mes apprenants acteurs de leur formation. C’est eux qui ont créé leur formation pour qu’elles répondent à leurs attentes et à celles de la direction. Ceci leur a valu les félicitations du directeur pour leur travail plus que remarquable.

Planifiez le réalisable

Pour que votre journée ne soit pas une course à la réalisation des tâches, je vous recommande de vous créer une to do list.

Qu’est-ce que c’est ? Un tableau reprenant toutes vos tâches à réaliser, de la plus insignifiante à la plus importante. Pour que ce tableau soit organisé, vous allez renseigner dans la première colonne toutes vos tâches, dans la deuxième colonne, notez la deadline de réalisation.

Pour connaître cette date de fin, organisez-vous avec votre hiérarchie ou votre client donneur d’ordre. Quelle est la date limite pour rendre un compte-rendu, une formation, un bilan… Et la dernière colonne est la date de réalisation de cette tâche.

Pour prioriser vos tâches, il faut connaître le temps de réalisation réel de cette action. Pas en courant pour la faire le plus vite possible, mais pour la faire correctement. Ensuite, votre première che sera la plus désagréable à faire et la plus urgente.

Puis renseignez par ordre de priorité en fonction de vos dates de fin et votre liste de tâches est prête et surtout organisée. Le principal est de ne plus avoir des milliers de Post-its qui se trimbalent sur votre bureau, mais un seul tableau où tout est noté.

Vous savez quoi faire et quand le faire. Un tableau peut être utilisé pour plusieurs semaines ou une journée. Un petit conseil : Planifiez-vous des moments de pause et surtout ne vous surchargez pas !  

Attention

Le burn-out reste une pathologie à ne pas prendre à la légère et nécessite un suivi adapté et une thérapie appropriée pour en sortir. Néanmoins, avec quelques astuces simples vous pouvez le prévenir et vous évitez des problèmes inutiles.

Prenez conscience de ce que vous vivez et prenez soin de vous.

Florence Pauly

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