Vous avez un travail qui réclame toute votre attention ? Une conscience professionnelle, mais personne ne la remarque ? Vous passez vos journées à courir pour faire votre boulot correctement. Vous y mettez votre âme et tout votre cœur.

Pourtant, votre corps vous alerte pour la énième fois qu’il faut vous calmer. Mais comment pourriez-vous ralentir ? Le travail serait moins bien fait et il doit être le plus parfait possible. Ralentir rime avec inefficacité.

Comment faire pour conserver sa conscience professionnelle, son efficacité tout en écoutant et en respectant son corps ? Aujourd’hui, je vous donne les clefs pour agir sur ce problème.

Le craquage    

Pendant plusieurs années, j’ai couru, couru et encore couru. J’aimais que tout aille vite. En peu de temps, je réalisais plusieurs tâches et je finissais par faire tout ce que je voulais. C’était le top. S’il y avait un imprévu, il passait en priorité puis je revenais sur mon planning habituel.

Heureuse, je courais littéralement sur les plateaux pour aller plus vite. J’avais des journées de fou, mais j’aimais ça. Personne ne se plaignait bien sûr. À partir du moment où mon travail était de qualité, je n’avais pas de raison de m’arrêter.

Le moindre imprévu était géré. Surtout lorsqu’on est formatrice, on sait d’avance que les ordinateurs vont s’arrêter quand il ne faut pas ou que la vidéo essentielle ne passera pas. Il y a toujours un problème au moment où l’on s’y attend le moins. Mais je gérais, je courais.

Le jour où je suis tombée enceinte n’a rien changé, je courais toujours autant, même si la fatigue se faisait ressentir fortement le soir. Une collègue me disait : « calme-toi, tu ne peux pas courir comme ça, pas dans ton état ».

Je ne l’écoutais pas parce que je me sentais forte malgré la fatigue normale d’une grossesse. Malheureusement, si moi je n’ai pas pu dire stop, ma fille me l’a dit intra utéro. Pendant une visite de suivi, on m’a clairement fait comprendre que je devais ralentir sous peine de perdre mon bébé.

Le déclic s’est fait, naturellement. Pas le choix. J’avais mis mon enfant en danger, parce que je n’avais pas fait attention à moi. Vu que je n’avais pas d’autre solution que de me calmer, j’ai dû développer des compétences pour travailler efficacement sans courir. Ça se fait et je vais vous dire comment.             

Pourquoi ralentir quand tout va bien

  • éviter à son corps de souffrir
  • empêcher le burn-out
  • Ne pas attendre de devoir aller chez le médecin
  • Passer à côté de sa vie

Éviter à son corps de souffrir

En apprenant à ralentir, vous empêchez votre corps de souffrir. En effet, dans mon exemple, j’ai tellement suivi mes tâches sans faire attention à moi que cela a eu un impact sur ma santé. Pire, j’ai mis en danger le petit être qui tentait de se développer en douceur.

C’est comme ça que ça commence. Vous avez mal une épaule, un genou ou le dos et vous ne comprenez pas pourquoi. Pire, vous ne voulez pas en entendre parler. Ce mal vous ennuie et cela rajoute une difficulté supplémentaire imprévue.

Comment réagissez-vous ? La réponse est simple : vous prenez des antidouleurs pour faire taire le corps et continuer votre travail comme il se doit. Mais comment le corps réagit-il à son tour ? Il tente de vous alerter encore une fois, d’une autre manière. Et ce, jusqu’à ce que vous l’écoutiez.

Empêcher le burn-out     

Si vous savez gérer le rythme, vous évitez ce fameux burn-out qui fait fureur ! Vous courrez sans relâche pendant des mois voire même des années et n’écoutez pas votre corps, vous foncez encore et toujours.

Vous voulez donner le meilleur de vous-même et c’est tout à votre honneur. Pour ceci, soyez efficace. Ce que vous faites actuellement, c’est de surcharger votre cerveau de trop d’informations que vous tentez de gérer toujours plus vite.

Encore une fois, votre corps vous prévient qu’il est fatigué. À force de ne pas vous calmer, c’est lui qui dit stop. Vous finissez en pleurs, fatigué et stressé et vous avez le culot de ne pas comprendre pourquoi.

Ne pas attendre de devoir aller chez le médecin

Le risque de traîner avec ce mal-être va déboucher sur une chose très simple : le corps qui vous dit stop parce que vous lui en avez trop demandé. Vous êtes épuisé, vous en avez marre. Bref, vous en avez trop fait.

Vous vous retrouvez donc chez le médecin. Vous devez revenir sur ce qui s’est passé, expliquer pourquoi le corps réagit de cette manière. C’est peut-être à ce moment-là que vous allez vous rendre compte qu’il faut prendre soin de vous.

C’est peut-être à ce moment-là que vous allez changer de façon de fonctionner. Mais, peut-être allez-vous réagir différemment et continuer ce mode de vie inapproprié. Quelques pilules, et c’est reparti, le rythme va se calmer à un moment donné, je me reposerai pendant les vacances… Bref, vous n’avez rien compris et vous continuez sans relâche.

À votre avis, le rythme va-t-il diminuer ? Non, il continuera autant que faire se peut. Vous avez déjà eu toutes les alertes possibles et vous n’avez toujours pas compris ce que vous disait votre corps. Pourquoi continuer à courir ? Que cherchez-vous à prouver ? Et, à qui ?

Passer à côté de sa vie   

Le problème de continuer à courir c’est qu’en courant de cette façon, vous ne voyez pas la route. Vous ne voyez pas les paysages que vous traversez. Imaginez que vous conduisez une magnifique voiture à plus de 200 km/h, vous regardez le côté ? Non, vous regardez droit devant pour ne pas perdre le contrôle de la voiture.

Si vous continuez à conduire aussi vite pendant des années, vous n’avez pas vu passer le temps. Que se passe-t-il ? Vous regrettez ce temps passé à courir non-stop. Qu’est-ce que cela vous a apporté à vous ? Rien. Vous l’avez eu votre promotion ? Non, parce que le directeur a changé 5 fois depuis que vous travaillez dans cette entreprise.

Vous êtes passé à côté de votre vie, vous n’avez rien accompli, rien gagné. Bref, vous n’avez rien fait. Vous êtes déçu. Il vaudrait mieux s’empêcher ça n’est-ce pas ?

Comment devenir efficace sans courir

  • Automatiser le système
  • Gérer son temps
  • Prendre les décisions importantes
  • Apprendre à souffler
  • Se poser LA question
  • Prendre du recul

Automatiser le système

La première étape est de se créer des automatismes pour réfléchir le moins possible et conserver un maximum d’énergie. Par exemple, chaque réveil doit être identique : se booster, prendre une douche, petit-déjeuner…

Plus les tâches deviennent des automatismes plus vous allez pouvoir mettre de l’énergie ailleurs. Si vous avez un rapport à rédiger, conservez un template. Ainsi, le fait de l’écrire devient un automatisme à respecter. La structure est déjà prête, il n’y a plus qu’à remplir les cases vides.

Faites de même à la maison. Chaque automatisme que vous allez mettre en place va vous permettre de conserver de l’énergie et de gagner du temps. Prenez le temps d’observer comment fonctionne votre travail et votre organisation à la maison et optimisez !

Gérer son temps       

La gestion du temps est la clef pour conserver un rythme adapté, c’est la deuxième étape. En effet, si vous prenez 10 minutes par heure pour lire vos e-mails, il ne reste pas beaucoup de temps pour faire votre travail. Apprenez donc à gérer votre temps.

L’astuce est d’être monotâche. Si vous commencez une tâche et que vous la finissez, vous verrez plus facilement votre travail avancer. En effet, si vous répondez à toutes les demandes en même temps, vous ne risquez pas de faire grand-chose.

Bien au contraire, vous allez courir, écouter à moitié ce qu’on vous demande parce que vous êtes déjà en train de penser à la prochaine tâche. Donc, prenez le temps de ne faire qu’une chose à la fois. Si on vous demande quelque chose, vous notez et vous reviendrez vers la personne dès que possible.

Organisez votre temps pour ne lire vos e-mails que 3 fois dans la journée, pas plus. Conservez toujours une heure d’imprévu (elle sera chaque jour utilisée, je vous le garantis). Concentrez-vous sur ce que vous faites maintenant et pas sur ce qu’il vous reste à faire. Soyez efficace ! En courant, vous ne l’êtes pas, soyons honnêtes.

Prendre des décisions importantes    

La troisième étape consiste à prendre des décisions à des moments opportuns. Est-ce le matin que vous organisez votre journée ? Si oui, perdu ! L’organisation de votre journée se crée la semaine avant. Au pire, la veille en finissant votre travail, mais jamais le matin.

Vous savez pourquoi ? Parce que ça vous prend de l’énergie, vous avez l’impression de perdre du temps et ça vous agace. Pour ma part, une semaine avant je crée mon planning. Si ma hiérarchie m’annonce une tâche à réaliser, je la planifie dans mon agenda de la semaine suivante. À moins que j’aie du temps cette semaine (c’est plutôt rare).

Inutile de surcharger vos journées, vous commencez à telle heure, vous finissez à telle heure. Inutile de dire « exceptionnellement, pour toi, je vais rester ». Ce « exceptionnellement » va devenir récurrent puis quotidien. Et vos proches dans tout ça ?

Encore une fois, plus vous aurez une bonne gestion du temps, plus vous aurez de l’énergie et plus vous pourrez l’utiliser à la prise de décision importante. Ce n’est pas entre deux portes que vous allez définir une stratégie efficace.

Apprendre à souffler      

Apprenez à prendre une pause, 5 minutes. Allez dehors, marchez, respirez à fond. Reboostez votre corps, car il en a besoin. Vous ne tenez qu’un temps à sprinter comme vous le faites actuellement. Évitez de vous effondrer le soir.

Toutes les heures ou au moins l’heure et demie, allez souffler un moment. Parlez d’autre chose, vous verrez que vous serez bien plus concentré et bien plus efficace pour travailler.

Également, si vous êtes sur une tâche et impossible de prendre une pause à ce moment-là, je vous invite à souffler ! Posez les mains sur votre bureau, regardez votre bureau et concentrez-vous sur votre respiration.

Écoutez votre respiration sans la contrôler. Calez-vous sur son rythme, écoutez. Vous allez voir que naturellement, vous allez vous détendre et vous calmer. Puis, vous reprenez votre tâche. Vous l’aurez compris, la respiration est la clef !

Se poser LA question          

La cinquième étape consiste à se poser la question la plus importante : pourquoi courez-vous ? Que cherchez-vous à faire en sprintant de cette manière ? Est-ce que vous voulez prouver aux autres ? Que vous êtes le meilleur ? Pourquoi ? Est-ce que vous cherchez à vous prouver quelque chose ? Si oui, quoi ?

“Pourquoi je cours ?”

Qu’est-ce que ça change si vous y allez plus doucement ? Quels sont les risques et les impacts de marcher plutôt que de courir ? Qu’est-ce que vous ressentez à l’idée de ralentir le rythme ? Vous avez peur ? Si oui, de quoi avez-vous peur ? De vous ennuyer ? D’être mis à la porte ?

Et si chaque jour était consacré comme si c’était le dernier jour de votre vie, que feriez-vous ? Passeriez-vous la journée comme aujourd’hui, à courir sans voir le temps qui passe ou prendriez-vous le temps de profiter de chaque instant ?

Comment pourriez-vous faire pour que chaque instant soit précieux ?

Prendre du recul

La dernière étape est de prendre du recul sur ce que vous faites. Posez-vous quelques secondes et sortez de votre vie. Regardez le temps passé, présent et futur, que voyez-vous ? Le dossier qui a disparu et qui doit être refait en totalité, c’est si grave ? Votre collègue qui vous a renversé du café sur votre chemise toute neuve et bien repassée, c’est si grave ?

Les petits désagréments ne sont pas importants, inutile de leur consacrer de l’énergie. Par contre, il est important de prendre du recul sur votre vie. Est-ce qu’elle vous convient ? Est-ce que tout va bien ? Vous allez où comme ça ?

Mon dernier conseil

Ma dernière astuce est de vous faire réfléchir sur votre vie de façon globale. Je vous poserai donc une seule question : avez-vous un but ?

Quel est l’objectif que vous souhaitez atteindre en courant comme ça ? Est-ce qu’il vaut vraiment la peine ? Qu’est-ce qui vaut le coup selon vous ? Prenez du temps pour vous poser et vous demandez à quoi voulez-vous que votre vie ressemble.

Quel est l’objectif que je souhaite atteindre ? Qu’est-ce que je veux vraiment ? C’est ça qui vous fera vous créer un planning qui vous convienne. C’est ça qui va vous permettre de travailler… Mais sans courir.

Concentrez-vous sur votre objectif, pas celui des autres. Pourquoi donneriez-vous votre énergie et votre temps à l’objectif d’une autre personne ? Fixez-vous votre objectif et faites tout pour l’atteindre.    

Conclusion

Vous avez désormais les 6 étapes pour ralentir le rythme. À vous de les mettre en place et de les respecter. Mettez en application ces étapes et vous verrez que vous allez vous sentir bien mieux, sans médicament.

Si vous avez du mal à les mettre en place, commencez par la fin : définir précisément votre objectif. Ainsi, vous ne perdrez plus de temps à ce qui n’en vaut pas la peine.

Florence Pauly

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